Samedi 6 décembre 2008
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Aujourd'hui, dimanche 7 décembre, l'exposition 'Lumières, couleurs et formes' s'achève. Les toiles et sculptures étaient
exposées à la Mairie, dans le hall d'entrée, ainsi que dans une partie de la grande salle du conseil. Un autre site, l'Espace Gainville, nous propose les oeuvres d'un peintre Aulnaysien, Gabriel
ROBIN.
L'exposition nous fait découvrir des peintres appartenant à 'La Nouvelle Ecole de Paris', dont certains s'inscrivent totalement dans l'abstraction, alors que d'autres ne renient pas la peinture
figurative, parfois seulement allusive.
Beaucoup d'artistes composent leurs travaux avec des éléments géométriques, afin de détourner la reproduction du réel vers des univers inexplorés. Aussi, le trait, la ligne, le cercle ou le cube
témoignent à la fois de la précision du geste et de la créativité de l'artiste.
La peinture abstraite s'inscrit dans une évolution naturelle de l'art pictural. Celui-ci a tout d'abord servi à tendre vers le réel, avant de s'affranchir totalement de cette quête, invention de
la photographie oblige. En effet, une fois la fixation d'une image authentique devenue possible grâce aux Daguerréotypes, puis à la photo, à quoi servait-il de s'échiner à reproduire en tableau
une image de toute façon plus inexacte?
Aujourd'hui, seule l'école hyper-réaliste, impressionnante de technique, se répond de la reproduction du réel... telle que leur imagination le conçoit.
La quête de l'abstraction commence en gros avec les peintres impressionnistes, dont les toiles sont à la fois figuratives et floues, oscillant entre objectivité de la scène décrite et
subjectivité de la perception. Le mot 'impression' nous oriente naturellement vers la perception personnelle, le décalage par rapport à la réalité.
Quant à Pablo Picasso, il est à la fois adulé et détesté. Rappelons juste que le peintre andalou savait dessiner à peu près tout à l'âge de 16 ans. Ses premières toiles sont d'ailleurs très
académiques. On comprend donc que la nouvelle aventure de l'abstraction l'ait séduit, au point de développer un univers parallèle complexe, figuratif et abstrait, fondamentalement
géométrique.
Pour en revenir à l'exposition aulnaysienne, il faut féliciter les professeurs des écoles d'art de leurs choix, à la fois variés et judicieux. Déplorons simplement les conditions d'exposition,
qui placardisent les oeuvres exposées au rez-de-chaussée et confinent à l'étouffement à l'étage. La lisibilité des oeuvres est rendue floue par leur entassement, nous obligeant à les comparer au
lieu de les aborder une par une. Toutefois, il faut reconnaître que cette exposition ambitieuse est une réussite. Quant à la distribution systématique d'un catalogue, elle paraît bien
généreuse... Reste à présenter l'addition - qu'on espère légère - aux Aulnaysiens.
Enfin, le dernier mot reviendra à Gabriel ROBIN, dont les superbes natures mortes résument parfaitement le ton de l'exposition. Leur composition cubiste et abstraite nous conduit vers la
modernité, tandis que leurs motifs terriens (une pomme, un broc, une assiette) nous ancrent dans la réalité.
Voilà la conclusion toute trouvée, ainsi que le premier débat.
La peinture abstraite n'est-elle qu'un contournement du réel ou un véritable mode d'expression? A vous la parole !
Quelques liens dans l'ordre :
Manessier , Ubac et enfin Robin juste à cliquer sur la photo pour découvrir leurs oeuvres :
Par Alain RABIER
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Publié dans : Art et compagnie...
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