Jeudi 22 janvier 2009
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Il ne
fait pas bon habiter les quartiers du Gros Saule ou des Mille Mille en ce moment. Le climat est pesant, du matin au soir, avec la crainte de voir des echauffourrées repartir entre bandes rivales. Les établissements scolaires sont touchés, notamment le collège Pablo NERUDA, où
les enseignants ont fait valoir leur droit de retrait. Le collège est gangréné par les rivalités et l'esprit de quartier dans tout ce qu'il a de plus obscurantiste.
Les élèves des Mille Mille n'y sont pas les bienvenus, car le collège est au Gros Saule, donc réservé pour certains petits caïds aux seuls habitants du quartier. Cela me rappelle la précédente
campagne électorale, quand un habitant des Emmaüs avait dit qu'il ne se rendrait jamais dans les salles ouvertes aux Etangs, car ce n'était pas son quartier. Il lui suffisait de traverser la rue
de la Croix-Rouge pour se 'déghettoïser', mais c'était trop lui demander.
Car il s'agit bien de ghettoïsation. Toute cette violence n'a qu'une conséquence : nous dissuader de traverser les quartiers où la violence renaît, où la notion de risque est avivée. Tout cela
enclave la population, tout cela exacerbe la haine de l'autre, tout cela a peut-être des causes profondes mais en l'occurence, les incidents sont partis de la bêtise de quelques mineurs mal
éduqués, à qui il manquait une soupape importante, celle du civisme, du respect de l'espace public, de leur quartier. Du respect d'eux-mêmes, dans ce qu'ils ont de plus profondément humain.
Mais les jeunes ne sont pas aveugles : ils savent que la police municipale a été désarmée, cantonnée à quelques rondes stériles et dégradantes pour eux. Quel est leur rôle? Qu'est devenue leur
image ? La politique permissive de la nouvelle municipalité - qui n'est qu'un écho supplémentaire de l'abandon sécuritaire préconisé par la région et le département au nom du progressisme -
a terni leur image. Mais la seule chose qui progresse, c'est la violence. Cette violence nuit à la liberté des habitants des quartiers du Gros Saule et des Mille Mille. Ils n'ont pas besoin de
ça. Ils ne doivent pas payer les pots cassés de l'abandon municipal, du déclin de l'autorité voulu par l'équipe Ségura.
Car la politique municipale permissive est en réalité liberticide. Elle conduit à une instauration progressive de la loi du plus fort. Et croyez-moi, il y aura toujours quelqu'un pour prétendre
l'être.
Il faut s'opposer avec force à la dérive clanique occasionnée par la politique de Gérard Ségura, dont la campagne de terrain a flirté avec la campagne de territoires. En voilà le résultat. Voilà
le résultat de la suppression de la vidéo-surveillance, pourtant dissuasive.
Je n'ai pas peur d'être filmé par une caméra de vidéo-surveillance sur l'espace public. Je n'ai rien à me reprocher. Je suis d'accord avec Frank CANNAROZZO pour affirmer qu'il s'agit là de la
meilleure dissuasion possible. Car il ne s'agit pas d'aliéner la liberté, au contaire. Il s'agit de la garantir, en dissuadant la violence.
Voilà dix mois plus tard le résultat de l'intervention d'un élu au commissariat de la police nationale pour faire libérer des jeunes qui l'avaient appelé. Allez demander au commissaire, vous en
aurez la confirmation.
Voilà le résultat de l'intervention d'un élu en conseil municipal, quand il avait déploré l'intervention des forces de l'ordre au Lycée Jean Zay pour sécuriser le périmètre.
Voilà les tragiques conséquences du manque de vision globale de la nouvelle équipe en matière de sécurité, du manque d'anticipation, du manque d'écoute objective.
Voilà une preuve flagrante de l'inutilité coûteuse des conseils de quartier, qui auraient dû faire remonter plusieurs signaux d'alarme.
Quand on refuse d'observer, alors on se limite à constater. Et que faut-il voir ici? Un échec, encore un.
Un échec personnel de Gérard Ségura.
Un échec cuisant de Joël Guillemin, dont l'aveu public d'impuissance restera gravé dans l'esprit des habitants du Gros Saule et des Mille Mille.
Pas un signe avant-coureur les fréquentes interventions de la police nationale depuis dix mois?
Pas un signe avant-coureur les hélicoptères?
Pas un signe avant-coureur le droit de retrait des enseignants à Pablo Neruda?
Pas un signe avant-coureur la réunion organisée par Gérard Ségura au Lycée Voillaume pour parler de la violence endémique qui se diffusait aux abords et dans l'établissement?
Non, PLUSIEURS signes avant-coureurs en réalité.
Mes pensées vont aux habitants des quartiers Nord, qui ont chèrement payé plusieurs vagues d'insurrection urbaine. Je leur souhaite une vie tranquille, dépourvue d'angoisse pour leurs enfants. Je
les soutiens dans leur lutte contre la violence, contre les inutiles rivalités, contre la dérive d'une certaine jeunesse.
Ils sont en droit d'exiger de la sécurité et de la paix sociale. Ils sont en droit d'exiger que les élus fassent leur travail.
Quant à l'équipe Ségura, j'ai une dernière chose à leur dire.
Quand on va constater les dégâts dans un quartier dont on a la charge, on n'y va pas un tract à la main.
Les habitants du Gros Saule et des Mille Mille ne sont pas que des électeurs : ce sont aussi des hommes, des femmes et des enfants, des citoyens hélas de moins en moins libres.
Par Alain RABIER
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Publié dans : Quartiers
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