Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /2009 23:33
En ne respectant pas la loi parlementaire qui instaure le S.M.A. (dite loi sur le service minimum), Gérard Segura se met une nouvelle fois dans l'illégalité.

Le communiqué du Maire contre le SMA  sous le webmaster



Gérard Segura met tous les Aulnaysiens dans l'illégalité.

En effet, cette loi est par nature obligatoire et seuls des artifices alambiqués permettent aux maires réfractaires - bien sûr tous de gauche - de contourner la loi nationale. Rappelons que la dissidence est partie de Paris, Bertrand Delanoë arguant de supposés problèmes d'organisation pour ne pas l'appliquer.

Ce n'est un secret pour personne que de dire qu'en réalité, c'est parmi les élus de gauche que cette stratégie de la dissidence s'est échafaudée.

Au-delà des convictions propres à chaque citoyen, au-delà du respect du droit de grève, qui relève de la liberté individuelle (tout autant que le droit de choisir de travailler), il est curieux de voir un maire récemment élu aller aussi vite à la rescousse d'intérêts corporatistes. C'est un réflexe bien connu chez ceux qui n'ont gagné leur argent que dans le secteur public que d'oublier qu'il existe un secteur privé, largement majoritaire. Pourtant, ce sont tous ces salariés qui financent à large échelle le système des retraites, dont bénéficient entre autres les salariés du secteur public qui, en moyenne, partent plus tôt à la retraite et touchent une pension supérieure.

Deuxième élément donc, l'attitude corporatiste de Gérard Segura, qui ne se comporte pas comme un maire, mais comme un ex-enseignant.

Pourtant, aujourd'hui, ce ne sont plus les mêmes responsabilités : Gérard Segura n'est pas le maire des enseignants, mais le maire des Aulnaysiens. Nuance.

Nuance aussi pour la réforme du système éducatif, qui certes conduit à des non-renouvellements de postes, mais uniquement pour des raisons démographiques. De même pour les RASED, il n'a jamais été question de les supprimer, mais d'en contenir les effectifs. A titre personnel, je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui ait été licencié de l'éducation nationale. Et vous?

Quant aux filières d'excellence - comme l'instauration d'un partenariat  science-po - il est évident qu'elles tirent les établissements vers le haut. Il suffit de regarder Voillaume (avec une superbe filière SSI), Jean Zay (science po) et le Collège du Parc (filière sport-études et filière musique).

Sur le fond, il s'agit de choisir à quelle solidarité on adhère : solidarité nationale (contrôle des déficits dans TOUS les ministères) ou solidarité corporatiste (défense bec et ongles du statu quo dans TOUS les ministères). Probablement un premier clivage droite-gauche. C'est une question de positionnement personnel.

Notons tout de même que les informations les plus médiatisées les jours de grève sont des informations syndicales. Les mass media reprennent donc des informations corporatistes sans le moindre recul, sans une once d'approche critique.

Au plan social, le refus de l'application du service minimum est nocif. Cette loi instaure un nouveau service public, qu'on peut qualifier de service public d'accueil. Ce n'est pas un service public d'enseignement, le droit de grève n'est pas menacé. Le but est de ne pas obliger les salariés du privé à perdre une journée de travail.

Car je crois que le refus du S.M.A. marque un degré supplémentaire dans la désobéissance civile. Une grève ne devient plus seulement paralysante au niveau des transports. Malgré les difficultés, les salariés pouvaient essayer de se rendre sur le lieu de travail et conserver une journée de salaire. Le refus du S.M.A. est une prise d'otages salariale. La journée de travail est d'emblée supprimée.

Cela aliène donc notre choix et notre liberté.

Enfin, le refus du S.M.A. est un refus du progrès social, un refus de l'évolution familiale de notre société. Notre société comporte de plus en plus de familles mono-parentales. Le S.M.A. s'adresse tout particulièrement à elles.

Dites la loi et rien que la loi...en cliquant sur la balance...

Les jours de grève, ces familles sont oubliées. Pas un seul reportage ne parlera d'elles.

Les jours de grève, 43% des familles n'existent plus.

Elles n'ont pas les moyens de se sentir au-dessus des lois, Monsieur Segura.
Par Alain RABIER - Publié dans : Education
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