Mercredi 4 février 2009
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Nous le
redoutions et hélas, cela s'est produit. L'engrenage de la violence a conduit à l'instauration d'un climat d'insécurité, dont le quartier des Mille Mille est la première victime.
Les chauffeurs de bus de la ligne 43 refusent en effet d'entrer dans le quartier, afin d'éviter l'arrêt Saint-Paul. Deux agressions en deux jours, pour une raison aussi triviale que le refus
d'ouvrir les portes du bus en pleine rue à des jeunes qui le sollicitaient, ont sapé la patience des conducteurs. Il faut dire que les itinéraires desservant le Gros Saule, Savigny ou les Mille
Mille se font la peur au ventre.
Pourquoi? A cause d'une trop grande insécurité dans notre ville, d'un trop grand sentiment d'impunité, qui s'est trop vite propagé parmi la frange incontrôlable de la jeunesse Aulnaysienne.
L'insécurité renaît avec Gérard SEGURA, qui s'inscrit en droite ligne de la politique ultra-permissive de la région et du département au plan de la sécurité urbaine.
Hélas, il nous faut déjà parler de ghettoïsation des Mille Mille.
D'abord du fait de la disparition de ces bus, qui enclave un peu plus la population et l'oblige à se déplacer pour profiter d'un service dont en théorie, elle doit bénéficier comme tous les
Aulnaysiens. De plus, l'identité du quartier en souffre et cette mesure drastique prise par les sociétés de transport donne aux Mille Mille l'image d'un lieu potentiellement dangereux, à éviter
ou à traverser à ses risques et périls. Pourtant, les Mille Mille forment une partie de notre ville qu'il faut améliorer, comme n'importe quelle autre.
Mais voilà, quand le sentiment d'insécurité est trop grand, tout se dégrade rapidement. Nous rappelions combien l'équipe Segura avait joué avec le feu en matière de sécurité : pas de recherche de
signes avant-coureurs, intervention d'un élu en conseil municipal pour déplorer l'intervention des forces de l'ordre, pression d'un élu au commissariat pour faire libérer des jeunes qui l'avaient
appelé.
Malheureusement, la violence a fini par se sectoriser, dans une grande frange Nord-Est de la ville, du Gros Saule aux Mille Mille. Ce que Gérard Segura avait présenté comme des dérives
Sevranaises était bel et bien un phénomène Aulnaysien...
Quel avenir pour les Mille Mille si la logique de la violence s'aggrave? N'oublions pas tous ces enfants qui fréquentent des écoles régulièrement agitées depuis la rentrée scolaire, toutes ces
familles et tous ces seniors qui arpentent les rues du quartier avec plus d'appréhension.
Ce sont les premières victimes de la politique Segura et cette fois-ci, il est impossible d'accuser l'opposition municipale d'être à l'origine de ce pourrissement urbain et humain.
En instaurant un climat de trop grande liberté, en désarmant la police municipale, en supprimant le principe même de la vidéo-surveillance, Gérard Segura a fait un pari risqué.
Ce n'est pas lui qui en subira les conséquences et les tracts qu'il a fait distribuer n'y changeront rien. Il est facile de jouer les maires en campagne, mais l'action municipale concrète et
collective, que devient-elle en réalité?
Un bout de papier, déchiré par terre.
Par Alain RABIER
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Publié dans : Quartiers
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