Jeudi 24 décembre 2009
4
24
/12
/2009
14:19
Dans un vrai-faux entretien exclusif avec le Père Noël, l'auteur-compositeur et interprète d'Oxygène réinvente la légende du 'plus emblématique distributeur de
cadeaux au monde'. Triste cadeau.
Christophe LOPEZ s'est-il interrogé sur l'opportunité d'un tel article avant de le valider? La question restera sans doute sans réponse, mais au lu de l'article,
elle ne manque pas de se poser.
Rappelons tout d'abord que la boîte de communication de Christophe LOPEZ, Itinéraire Conseil, a la chance d'éditer chaque semaine un magazine municipal qui, après
s'être souvent perdu en route, atterrit dans notre boîte aux lettres. Ce magazine, c'est Oxygène. Il y a fort à parier que la santé financière d'Itinéraire Conseil est relativement stable, grâce
aux 52 livraisons hebdomadaires du magazine. Tel le Père Noël Australien 'en bermuda à fleurs surfant sur une vague du Pacifique', Monsieur LOPEZ a su surfer sur la vague SEGURA, disposé à
transformer la vieillotte publication mensuelle en tribune hebdomadaire. Cadeau de Noël. Rappelons également que Monsieur le Maire a surfé à contre-courant, puisque les publications municipales
hebdomadaires sont de plus en plus rares. Citons Montreuil et Dominique VOYNET, qui s'est empressée de supprimer l'hebdo du maire quand elle a été élue, pour raisons financières.
Certes Monsieur LOPEZ ne nous doit rien de particulier mais il peut tout de même nous remercier. En effet, Oxygène est financé par de l'argent public, celui des
contribuables Aulnaysiens. Pour reprendre les termes du vrai-faux entretien, 'par temps de crise', ce n'est déjà pas trop mal que d'être sûr chaque semaine, sans pression, sans souci de
rentabilité (nous y reviendrons), que le magazine qui garantit la santé financière de son entreprise sera publié... et distribué.
Car Monsieur LOPEZ se fend d'être le porte-parole des laissés pour compte, des oubliés de 'l'infatigable commis-voyageur', dont la 'hotte s'est beaucoup allégée'.
Jusqu'ici, pourquoi pas, mais la suite est particulièrement démagogique et caricaturale. En effet, soucieux d'égalité sociale, le Père Noël nous avoue que l'allègement de sa hotte ne se fait 'pas
de la même façon partout, ni pour tous. Ainsi la plupart de ceux accoutumés à beaucoup recevoir auront plus encore en ce Noël. Quant aux autres, habitués à se contenter avec des riens, ils
risquent précisément d'avoir encore moins'. Bravo Monsieur LOPEZ pour cette courageuse mise en abyme. Le Père Noël a bon dos... Déjà qu'il doit porter la hotte...
Plusieurs éclaircissements s'imposent. Tout d'abord, qui sont 'ceux accoutumés à beaucoup recevoir'? Qui sont les 'autres, habitués à se contenter avec des riens'?
Les riches contre les pauvres? Il y a donc deux camps, Monsieur LOPEZ : d'un côté les riches Aulnaysiens et de l'autre, les pauvres Aulnaysiens? Cette vision de la municipalité, de la société
française et du monde n'est-elle pas un peu caricaturale et manichéenne?
Et vous, Monsieur LOPEZ, dans quel camp vous situez-vous?
La suppression de la taxe professionnelle n'est-elle pas une bouffée d'oxygène pour Itinéraire Conseil? La prime de Noël n'aidera-t-elle pas 'les autres qui
risquent précisément d'avoir encore moins' à avoir finalement un peu plus? Et la suppression des deux derniers tiers prévisionnels de l'impôt sur le revenu pour les ménages assujettis à l'impôt
mais aux revenus modestes, n'a-t-elle pas de quoi réjouir un peu notre Père Noël?
Le Père Noël ne nous répondra pas car il est déjà parti en Chine... Même si sa 'hotte s'est beaucoup allégée', il a de plus en plus de travail. Allez
comprendre.
Monsieur LOPEZ nous apporte une réponse lumineuse : comme nous, petits occidentaux pourris-gâtés ayant cédé depuis longtemps aux sirènes consuméristes, les
'Chinois' ont eux aussi choisi la voie du milieu, celle de la matérialité : 'Il n'est pas jusqu'aux Chinois qui ne cèdent en ces époques, sans souci de calendrier, à la vogue de l'échange de
cadeaux comme un signe de conversion au nouveau Dieu de la consommation'.
De quel droit vous permettez-vous, Monsieur LOPEZ, de stigmatiser l'évolution économique et sociale de la société chinoise? Un groupe d'investisseurs chinois ne
vient-il pas de reprendre les locaux de Rank Xerox et d'y créer une trentaine d'emplois? Et vous, qu'avez-vous fait pour les finances Aulnaysiennes? Votre publication génère-t-elle assez de
publicité pour être rentable et alléger ainsi la facture hebdomadaire? L'explosion du budget communication de la mairie va-t-il plutôt favoriser 'ceux accoutumés à beaucoup recevoir' ou pénaliser
les 'autres, habitués à se contenter avec des riens'?
Le Père Noël devra-t-il vraiment devenir un général obligé de 'lever une armée de lutins'? Mais comme vous le dites si bien, Monsieur LOPEZ, 'N'est-ce pas le propre
des grandes légendes que de revêtir des habits de circonstance en fonction des lieux et des temps?'. J'avoue que les accents wagnériens et grinçants de l'habit-uniforme, des traces de bottes
apparentes, renvoyant au dieu Celte Gargan ou au dieu Viking Odin me glacent le sang, comme une boule de neige glissant le long du dos.
Mais rassurons-nous, quelle que soit la nationalité de l'homme (Turc, Américain ou Hollandais), le Père Noël soutient la Poste, cette noble institution qui achemine
gentiment tous les ans deux millions de lettres rédigées ou dessinées par nos progénitures. Comme c'est charmant, Monsieur LOPEZ. Merci Père Noël, des timbres à ton effigie!
En conclusion que faut-il retenir de ce vrai-faux entretien? D'abord, qu'il s'agit bel et bien d'un entretien à l'Oxygène. Lisez-bien, il y a des réponses, mais il
n'y a pas de questions!
Et puis, bien sûr deux proverbes de circonstance : 'Charité bien ordonnée commence par soi-même' et 'On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même'.
Sagesse ancestrale qui 'puise ses racines au plus profond de l'imaginaire collectif de l'humanité' ou retour du refoulé digne des 'psychanalystes (qui) se mettent à
croire au Père Noël?'
A vous le dernier mot, Monsieur LOPEZ, et Joyeux Noël!