Rappel : rue Fernand Herbaut, entre bus et béton
Centralité, proximité des transports et des commerces, sectorisation scolaire irréprochable, taxe foncière acceptable... Tels sont les nombreux avantages de la rue
Fernand Herbaut, rue perpendiculaire à la gare qui rejoint la rue Anatole France, conduisant du centre gare au Vieux Pays.
La rue Fernand Herbaut, comme le veut la formule consacrée, a tout d'un emplacement en or.
On comprend donc l'inquiétude des riverains, harassés de bus, depuis la desserte nord de la place du 11 Novembre, accablés de nuisances, menacés de bétonnage.
Alchimie urbaine inversée : l'or redeviendra plomb, ou plutôt béton.
En effet, les riverains s'inquiètent de la possible implantation d'un projet immobilier de 30 à 35 logements, difficilement constructibles, puisque le secteur pressenti a une forme triangulaire,
dont la rue Fernand Herbaut est l'hypothénuse. Le projet se construirait à partir d'une impasse, pour un ensemble R+5, de 57 mètres de long, avec un accès parking à partir de cette même impasse,
en écho à un projet de même envergure prévu rue Anatole France.
A terme, outre les 300 bus qui déboulent tous les jours dans la rue, ce sont donc entre 60 et 70 voitures supplémentaires, promises à manoeuvrer en entrée-sortie entre étroitesse et circulation
intense.
Du bruit. Du stress. De la fumée. De la poussière.
De l'inquiétude.
Inquiétude grandissante des habitants du quartier, organisés en collectif, afin de porter d'une seule voix leurs doléances au premier magistrat municipal. Pour le moment, aucune prise en compte
de leurs courriers n'a été effectuée en mairie, au contraire d'autres collectifs de riverains. Alors rapidement, les demandes d'informations sont devenues des protestations, les réunions
publiques ont débouché sur des pétitions, co-signées par une cinquantaine d'habitants.
Mais la rue Fernand Herbaut reste traitée comme un simple lieu de passage, un lieu de transit. Nomade pour beaucoup d'Aulnaysiens, ce quartier n'en est pas moins sédentaire pour d'autres. Les
riverains réclament donc des réunions spécifiques d'information sur l'avancée réelle du projet-Damoclès, la présence des élus concernés en réunions de quartiers.
D'après le maire, le projet est trop avancé pour revenir en arrière, alors qu'aucun permis de démolir n'a été déposé. Le collectif s'est donc fendu d'une lettre ouverte, pour passer du monologue
au dialogue, pour se donner un début, au lieu d'une fin de non-recevoir.
En réalité, leur démarche pose la question de l'avenir urbain d'Aulnay-sous-Bois. La rue Fernand Herbaut est située en zone UA, où une forte densification est possible en l'état prochain du Plan
Local d'Urbanisme.
La question de la construction urbaine ne se pose plus : la demande de logements est réelle. On peut émettre plus de réserves quant à la mixité urbaine. Ce critère est intrinsèque à notre ville,
mais faut-il le généraliser?
Il ne s'agit pas d'éviter les habitats collectifs dans certains quartiers. Il s'agit plutôt d'examiner leur réelle constructibilité, leur intérêt urbain véritable.
Le collectif des riverains de la rue Fernand Herbault ne s'oppose pas à la construction. Il cherche simplement à en être informé, à la maîtriser, avec un projet de moindre envergure, qui ne
confine pas au bétonnage excessif.
Symbole de ce conflit d'habitat : un superbe pavillon en meulière des années 30, digne de la côte normande, potentiellement classable, potentiellement rasé par le projet. Quelle politique urbaine
doit-on choisir? Celle de la préservation d'un beau logement, représentatif d'une époque et d'un style, historique? Au contraire, doit-on raser ces vieilleries, se lancer sans état d'âme dans la
destruction-reconstruction?
Il y a débat, surtout avec une modification du Plan Local d'Urbanisme tendant à la multi-construction urbaine d'habitats collectifs, indépendamment des contraintes architecturales de certains
quartiers, sans concertation, sans communication officielle, malgré les différents outils d'information municipale.
La modification du PLU conduira-t-elle Aulnay au sur-bétonnage? La suppression du Coefficient d'Occupation des Sols (COS) dans les zones pavillonnaires est-elle une réponse valable à la crise du
logement?
Personne n'est contre l'implantation de logements collectifs, mais en préservant des cadres de vie sereins, sans saturation.
Pour creuser la question, aulnayavance vous invite à consulter les articles d'Arnaud Kubacki, publiés sur www.aulnayradical.com. Ils décrivent par le menu les modifications du PLU voulues par
l'équipe municipale actuelle et relaient les demandes du collectif Fernand Herbaut.
Publié le 15/01/2010 à 11h30 dans Urbanisme